Les Boudlal sont les derniers occupants d'un ensemble urbain, les tours Daudet à Amiens, appelé à disparaître sous les coups des pelleteuses.
Les Boudlal sont les derniers occupants d'un ensemble urbain, les tours Daudet à Amiens, appelé à disparaître sous les coups des pelleteuses.
La famille qui a refusé sept propositions de relogement a obtenu lundi la condamnation de son bailleur. Elle récupère même 4000 euros.
C'est un feuilleton et il n'est pas là de s'achever. La famille Boudlal, dernière des 333 locataires des tours Daudet, en banlieue sud-est d'Amiens, a en effet obtenu de rester dans son appartement, au cœur d'un quartier fantôme.
L'affaire a été plaidée le 10 octobre, le jugement a été rendu lundi. Il considère qu'une des propositions de relogement fournie par l'Opac (Office public de l'habitat d'Amiens) ne respecte pas les dispositions de la loi Molle. Il s'agit d'une habitation de la rue Rosenberg. «Il s'agissait d'un logement délabré nécessitant 16 000 euros de travaux de rénovation», argue Me Nathalie Amouel, avocate de la famille.
«Ils sont de bonne foi»
Or, dans le cadre de la démolition d'un ensemble urbain, on ne peut expulser un locataire qu'à condition de lui avoir soumis une solution alternative correspondant à ses besoins.
Cette loi a été votée en 2009. Comme elle l'y oblige, l'Opac a depuis formulé trois propositions (après en avoir présenté trois avant la loi) mais la famille les a toujours refusées, tout comme une septième. L'Opac se croyait donc en mesure d'expulser ces locataires récalcitrants.
Lundi, le tribunal lui a dit que non.
Dans un quartier voué à la disparition, la famille Boudlal vit depuis des mois dans des conditions difficiles: fenêtres ouvertes dans son immeuble, couloirs condamnés, fuites de gaz, bruits de chantier.
En outre, le tribunal a donc condamné l'Opac a lui verser 4000 euros de dommages et intérêts. Sur la forme, les Boudlal restent chez eux et leur bailleur doit à nouveau leur proposer une alternative à leur appartement. Sur le fond, le jugement rendu lundi fait grand bruit.
Me Amouel, la première, reconnaît qu' «une condamnation pour un bailleur social à verser des dommages et intérêts est très, très rare». Elle considère au passage qu'une telle décision démontre que ses clients «sont de bonne foi », rappelant qu'ils furent pendant des années «des locataires modèles, payant leur loyer rubis sur l'ongle».
Et de dénoncer «une crispation» de l'Opac, «qui s'apprête à poser pour9000 euros de fenêtres et 3000euros de radiateurs dans une tour vouée à la démolition».
Les Boudlal sont les derniers occupants d'un ensemble urbain, les tours Daudet à Amiens, appelé à disparaître sous les coups des pelleteuses.
La famille qui a refusé sept propositions de relogement a obtenu lundi la condamnation de son bailleur. Elle récupère même 4000 euros.
C'est un feuilleton et il n'est pas là de s'achever. La famille Boudlal, dernière des 333 locataires des tours Daudet, en banlieue sud-est d'Amiens, a en effet obtenu de rester dans son appartement, au cœur d'un quartier fantôme.
L'affaire a été plaidée le 10 octobre, le jugement a été rendu lundi. Il considère qu'une des propositions de relogement fournie par l'Opac (Office public de l'habitat d'Amiens) ne respecte pas les dispositions de la loi Molle. Il s'agit d'une habitation de la rue Rosenberg. «Il s'agissait d'un logement délabré nécessitant 16 000 euros de travaux de rénovation», argue Me Nathalie Amouel, avocate de la famille.
«Ils sont de bonne foi»
Or, dans le cadre de la démolition d'un ensemble urbain, on ne peut expulser un locataire qu'à condition de lui avoir soumis une solution alternative correspondant à ses besoins.
Cette loi a été votée en 2009. Comme elle l'y oblige, l'Opac a depuis formulé trois propositions (après en avoir présenté trois avant la loi) mais la famille les a toujours refusées, tout comme une septième. L'Opac se croyait donc en mesure d'expulser ces locataires récalcitrants.
Lundi, le tribunal lui a dit que non.
Dans un quartier voué à la disparition, la famille Boudlal vit depuis des mois dans des conditions difficiles: fenêtres ouvertes dans son immeuble, couloirs condamnés, fuites de gaz, bruits de chantier.
En outre, le tribunal a donc condamné l'Opac a lui verser 4000 euros de dommages et intérêts. Sur la forme, les Boudlal restent chez eux et leur bailleur doit à nouveau leur proposer une alternative à leur appartement. Sur le fond, le jugement rendu lundi fait grand bruit.
Me Amouel, la première, reconnaît qu' «une condamnation pour un bailleur social à verser des dommages et intérêts est très, très rare». Elle considère au passage qu'une telle décision démontre que ses clients «sont de bonne foi », rappelant qu'ils furent pendant des années «des locataires modèles, payant leur loyer rubis sur l'ongle».
Et de dénoncer «une crispation» de l'Opac, «qui s'apprête à poser pour9000 euros de fenêtres et 3000euros de radiateurs dans une tour vouée à la démolition».
TONY POULAIN


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