au moment ou des milliers de familles cherchent un logement - démolir ces immeubles - ces centaines de logements relève d'un mépris total et surtout signe les politiques de spéculation immobilière - les pauvres dehors !!! saluons au passage le courage de tous ceux qui se sont battus.
POLEMIQUE. Sa démolition en cours à La Madeleine restera le symbole de la lutte contre la rénovation urbaine. Il y a des mois que l'immeuble Forez est vide de tout locataire, préalable à sa démolition dans le cadre de la rénovation urbaine
Il y a des mois que l'immeuble Forez est vide de tout locataire, préalable à sa démolition dans le cadre de la rénovation urbaine
«C'est vraiment du gâchis ! L'immeuble a été réhabilité il y a une dizaine d'années, je m'en souviens très bien », commente Christian, la petite cinquantaine, locataire de la tour HLM Cantal depuis trente-deux ans. Au quatrième étage de la tour, son balcon offre une vue plongeante sur l'immeuble Forez, rue de Rugby à La Madeleine. Sa déconstruction annoncée depuis des mois par un permis de démolir et l'édification d'une palissade vient de commencer. Du balcon, on aperçoit des ouvriers du bâtiment qui remplissent une benne à déchets où sont jetées les fenêtres et tout ce qui peut être arraché à l'immeuble. La pelleteuse mécanique viendra ensuite « grignoter » l'édifice, dans un nuage de poussières et le fracas des murs qui s'effondrent… Le scénario est bien connu dans la ZUP, en « proie » à la rénovation urbaine depuis 2004. Synonyme de démolitions de barres d'immeubles et de tours HLM, 900 logements ont été détruits.
« La paupérisation s'accroît »
Les cent logements du Forez, propriété d'Eure Habitat, sont les derniers à disparaître. A l'exception de ceux encore debout, mais vides, appelés les « plots », trois tours carrées de quatre étages situées en face du Forez. « Il y avait des appartements très grands dans les plots pour accueillir les familles nombreuses », commente Christian.
Il y a quelques mois les derniers occupants des « plots », Secours Catholique et Régie des quartiers, ont été contraints de déménager. « Le quartier est vidé de sa population, de ces services, de ces derniers commerces… commente Jacques Caron du collecif Sauvons le Forez et la paupérisation du quartier s'accentue… Les gens payent par bon d'achat. On le voit bien au supermarché le jeudi, c'est le jour de distribution des aides alimentaires du Secours catholique », explique Christian.
« Une véritable insulte »
Jacques Caron fustige la rénovation urbaine menée à La Madeleine.
Un collectif d'habitants du quartier, baptisé Sauvons le Forez avait été formé pour tenter de convaincre les décideurs, bailleur social et président de l'Agglo (qui pilote la rénovation urbaine) notamment, de renoncer à la démolition du Forez. En vain. Mais le combat continue, notamment au sein des conseils d'administration des bailleurs sociaux de l'Eure où la Confédération nationale du logement (CNL) à laquelle appartient Jacques Caron est désormais représentée depuis les dernières élections de locataires HLM.
« Ici on démolit un immeuble en bon état pour rien. Le programme de construction de la Foncière qui devait le remplacer au nom de la mixité sociale a été ramené de 80 à 20 logements. Ils pouvaient donc être construits ailleurs »
Jacques Caron juge sévèrement le bilan de l'Anru : « La rénovation, c'est une insulte aux pauvres, la pauvreté étant le problème numéro un du quartier. C'est une insulte à ceux qui attendent un logement HLM, à ceux de ce quartier qui ont passé leur vie à payer un loyer dont l'immeuble est largement amorti mais qui va être démoli et qu'ils doivent quitter sans avoir leur mot à dire ».
source : paris normandie
richard mesnildr


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