d'un coté on détruit - de l'autre on pérennise la précarité
La mairie a obtenu l’autorisation d’installer des maisonnettes en bois pour reloger ceux qui vivent à l’année dans son camping municipal.
C’est un bras de fer qui prend fin. Mardi, la municipalité d’Itteville a obtenu de la préfecture le droit d’installer des logements sociaux pour reloger les personnes qui habitent à l’année dans son camping municipal. « C’est un vrai soulagement, estime le maire (Parti radical valoisien), Alexandre Spada. On va enfin pouvoir offrir un toit décent à des gens qui sont dans des situations compliquées.
»
Il y a quelques jours, le maire avait tiré la sonnette d’alarme alors que devait intervenir la fermeture hivernale du camping au 1er novembre. Une obligation réglementaire que l’édile n’entendait pas respecter. « D’un côté, on me dit de fermer le camping, de l’autre, on m’empêche de construire des logements », expliquait-il avant la décision favorable de la préfecture.
Le camping, situé dans le hameau d’Aubin, sur les rives de l’Essonne, abrite une soixantaine de personnes à l’année. Pour 200 € par mois la parcelle, des gens aux revenus souvent très modestes parviennent ainsi à se loger, la plupart depuis de nombreuses années. Bob Baudoin-Abraham est installé là depuis dix ans dans une bicoque en bois qu’il a construite au fil des ans. « Je ne m’imagine pas vivre ailleurs qu’ici, assure-t-il. On est au calme, tout le monde se connaît, j’ai la douche, les WC, tout. Certains sont là depuis trente ans. »
Pour le maire, il fallait trouver une solution d’hébergement durable. « On n’allait pas faire comme si ces personnes n’existaient pas. Je ne peux pas fermer le camping et, en même temps, s’il arrive un sinistre alors qu’il aurait dû être fermé, c’est moi qui suis responsable. »
Finalement, ce sont 21 chalets de bois qui doivent sortir de terre sur un terrain dégagé, situé au fond du camping. Une desserte spécifique sera créée pour cet ensemble de logements sociaux. « Ce qui posait problème, c’est que la chaussée actuelle d’accès au camping est submersible, indiquent les services de la mairie. Ce ne sera pas le cas de la nouvelle voie d’accès. »
Confiés à un bailleur social, les chalets serviront à reloger uniquement les occupants du camping. « Pas question qu’on se retrouve avec des gens de l’extérieur, souligne-t-on à la mairie. Certains résidents pourraient également être relogés en dur dans des logements qui seront construits dans la ville. » Si tout le monde se réjouit de voir le principal obstacle au projet levé, les chalets ne sont pas encore construits.
Les services s’activent pour présenter une révision simplifiée du plan local d’urbanisme au conseil municipal du 17 décembre et l’on se donne un an et demi, au mieux, pour voir ces logements sociaux pas comme les autres enfin réalisés. En attendant, le camping reste ouvert cet hiver.
source : Louis Moulin
Le Parisien
C’est un bras de fer qui prend fin. Mardi, la municipalité d’Itteville a obtenu de la préfecture le droit d’installer des logements sociaux pour reloger les personnes qui habitent à l’année dans son camping municipal. « C’est un vrai soulagement, estime le maire (Parti radical valoisien), Alexandre Spada. On va enfin pouvoir offrir un toit décent à des gens qui sont dans des situations compliquées.
»
Il y a quelques jours, le maire avait tiré la sonnette d’alarme alors que devait intervenir la fermeture hivernale du camping au 1er novembre. Une obligation réglementaire que l’édile n’entendait pas respecter. « D’un côté, on me dit de fermer le camping, de l’autre, on m’empêche de construire des logements », expliquait-il avant la décision favorable de la préfecture.
Le camping, situé dans le hameau d’Aubin, sur les rives de l’Essonne, abrite une soixantaine de personnes à l’année. Pour 200 € par mois la parcelle, des gens aux revenus souvent très modestes parviennent ainsi à se loger, la plupart depuis de nombreuses années. Bob Baudoin-Abraham est installé là depuis dix ans dans une bicoque en bois qu’il a construite au fil des ans. « Je ne m’imagine pas vivre ailleurs qu’ici, assure-t-il. On est au calme, tout le monde se connaît, j’ai la douche, les WC, tout. Certains sont là depuis trente ans. »
Pour le maire, il fallait trouver une solution d’hébergement durable. « On n’allait pas faire comme si ces personnes n’existaient pas. Je ne peux pas fermer le camping et, en même temps, s’il arrive un sinistre alors qu’il aurait dû être fermé, c’est moi qui suis responsable. »
Finalement, ce sont 21 chalets de bois qui doivent sortir de terre sur un terrain dégagé, situé au fond du camping. Une desserte spécifique sera créée pour cet ensemble de logements sociaux. « Ce qui posait problème, c’est que la chaussée actuelle d’accès au camping est submersible, indiquent les services de la mairie. Ce ne sera pas le cas de la nouvelle voie d’accès. »
Confiés à un bailleur social, les chalets serviront à reloger uniquement les occupants du camping. « Pas question qu’on se retrouve avec des gens de l’extérieur, souligne-t-on à la mairie. Certains résidents pourraient également être relogés en dur dans des logements qui seront construits dans la ville. » Si tout le monde se réjouit de voir le principal obstacle au projet levé, les chalets ne sont pas encore construits.
Les services s’activent pour présenter une révision simplifiée du plan local d’urbanisme au conseil municipal du 17 décembre et l’on se donne un an et demi, au mieux, pour voir ces logements sociaux pas comme les autres enfin réalisés. En attendant, le camping reste ouvert cet hiver.
source : Louis Moulin
Le Parisien


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