24 juin 2009

Fin de la saga ICADE !

Un an après l'annonce de la vente à la découpe-unité du 7 Rue Jean Macé, un an après les âpres luttes des locataires contre ce projet de vente, un an après le fameux "s'il n'y a pas de vente, il n'y aura pas de travaux" de M.Antoine Fayet, un an après les banderoles aux balcons, les mobilisations de hall, les narrations médiatiques, un an après la création de ce blog, un an après l'amusante stratégie de communication icadienne pour forcer la vente, un an après tout cela, nous pouvons enfin l'annoncer officiellement : les locataires ont gagné !

ICADE avait un projet pour les tours de la Rue Jean Macé : s'en débarrasser. Trop coûteuses, pas rentables, peu entretenues. Le moyen le plus judicieux à l'époque pour le bailleur pour mener à bien son projet , c'était la vente aux locataires. Le 7 était l'heureux élu. Mais c'était sans compter l'opposition de la Ville et des locataires eux-mêmes qui, loin d'être dupes, ont bien compris qu'ICADE vendait une loque et fuyait face à son rôle de bailleur qui consistait à l'époque à entretenir le bâtiment de manière à ne plus avoir d'excréments flottant sur des eaux usées au rez-de-chaussée (ce n'est qu'un exemple parmi d'autres).

Le projet de vente à la découpe-unité a capoté face à cette résistance que le bailleur n'avait pas prévue. Laissé en suspens en Septembre dernier, le projet avait été remplacé par des mesures plus raisonnables et attendues depuis longtemps : le changement des fenêtres par exemple, vieille promesse faite en 2001 et oubliée depuis.

Et puis la crise est arrivée et là, on se dit que ICADE aurait pu exprimer sa gratitude vis-à-vis des locataires qui ont refusé la mise en vente à l'unité : après tout, ils ont épargné au bailleur bien des inquiétudes face aux difficultés d'obtenir des crédits pour l'achat immobilier.

En tous les cas, le voeu du bailleur est resté le même : se débarrasser des tours coûte que coûte. Et voilà qu'un beau jour, la voix de la raison, communiquée à travers ce blog mais aussi lors des réunions avec les représentants icadiens, s'est imposée : vendre à un bailleur social ! Conventionner les quelques 300 logements des trois tours. Au début, il n'était question que du 5 Rue Jean Macé mais voilà qu'à compter du 1er Juillet 2009, Valophis (Ex-OPAC du Val de Marne) reprend l'ensemble dans son intégralité.

Bien sûr, cela ne signifie pas que la mobilisation doit cesser, au contraire, les tours sont toujours en mauvais état et les pressions vont devoir être maintenues pour obtenir que la réhabilitation ne coûte pas un seul euro aux locataires. Mais enfin, prenons un court instant pour savourer cette drôle de victoire qui encore une fois, n'aurait pas été possible sans l'entêtement des locataires.

Grâce à eux, mais aussi grâce aux journalistes qui nous ont suivis et ont relayé notre affaire, grâce à la Ville, son Maire et ses élus qui ont apporté leur soutien sans condition à la lutte des locataires, grâce à vous chers lecteurs qui nous suivez assidûment depuis le début de cette aventure, nous pouvons affirmer haut et fort qu'aujourd'hui, une page se tourne, que la saga ICADE prend fin et que même si demain, de nouveaux combats devront être menés, nous avons passé un cap incroyable.

Nous nous quittons ici, peut-être nous retrouverons-nous pour de nouvelles aventures, moins passionnées mais toujours passionnantes. Merci à vous tous et pour ceux qui sont encore dans la lutte des ventes à la découpe, bon courage et surtout ne lâchez pas, la persévérance est parfois synonyme de douce victoire.

19 sept. 2008

Jean-Louis Borloo cache bien son jeu

AMBITION A SUIVRE :

Politique. Après sa "révolution verte", le ministre du Développement durable va-t-il revenir sur l’échiquier de la "politique politicienne"? Pour l'instant, il se dévoile le moins possible.
Quand Jean-Louis Borloo se charge d’un dossier, c’est forcément une révolution. Maire de Valenciennes, la ville connaît une explosion du taux de croissance qui « dépasse même celui de la Chine ». Ministre de la Ville, il crée un programme de plus de 40 milliards d’euros pour la rénovation urbaine dans les quartiers. Ministre de l’Emploi, il annonce une baisse du chômage, inédite depuis vingt ans, qui aura lieu. Borloo, c’est le contraire d’Attila, partout où il passe, l’herbe repousse. Logique donc qu’il soit l’artisan de la « révolution verte ». Bientôt il présentera le projet phare – annoncé comme une « mutation économique, industrielle, écologique » – de ce ministère « unique au monde » qui regroupe à la fois l’Energie, les Transports, l’Environnement et l’Aménagement du territoire.
Cerise sur le gâteau : comme le montre notre sondage, cet homme de droite parmi les plus populaires de France sait le rester. Tout comme il a su passer de l’ère Chirac à la présidence Sarkozy. Nommé en 2002, il est le seul – avec MAM – à être encore ministre aujourd’hui. Avec Nicolas Sarkozy, les rapports n’ont pour autant pas toujours été simples. « Ils se regardent de loin, Sarkozy ne lui fait pas confiance », confie un ancien ministre.
Après sa « révolution verte », quelle carte Borloo va-t-il jouer ? Bien qu’il prétende que cela ne l’intéresse pas, il pourrait revenir sur l’échiquier de la « politique politicienne », céder à la tentation du centre. Alors que le centre droit se cherche une identité, un chef, n’est-il pas celui qui aujourd’hui l’incarne le mieux ? En témoigne le succès des universités d’été du Parti radical valoisien à Montélimar. Parmi les participants, l’UMP Yves Jégo estime que « le parti radical et Jean-Louis Borloo sont un pivot de la branche sociale-démocrate ». « Or la gauche de la droite, c’est là où devraient se jouer les élections de 2012 », analyse le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Comme par hasard, c’est là que les projets de formations patinent le plus. Alors que François Bayrou tente de se rapprocher du PS, les Progressistes d’Eric Besson auraient abandonné toute ambition politique. Quant à Hervé Morin, il peine à donner au Nouveau Centre l’image d’un vrai parti avec des militants.
Quid du Parti radical ? Son ambitieux secrétaire général, le député de Meurthe-et-Moselle Laurent Hénart, admet qu’il existe « un vrai espace politique au centre, large et balkanisé ». « Aujourd’hui il faut clarifier les choses, nous verrons ensuite, à l’approche des échéances, comment la majorité présidentielle voudra s’organiser », avance-t-il, prudent. Le programme du Parti radical sera refaçonné par des conventions thématiques – comme celles qu’organisait Emmanuelle Mignon pour l’UMP –, puis rédigé sous forme d’un « manifeste radical » en 2010. Une prochaine réunion des cadres aura lieu en janvier à... Valenciennes.
Jean-Louis Borloo refuse tout commentaire qui dépasse le cadre de ses fonctions ministérielles... «Il a un boulevard devant lui, confie un dirigeant de l’UMP, mais il ne veut pas le prendre, sinon il aurait accepté de discuter avec les radicaux de gauche quand ils ont voté la réforme constitutionnelle. » « Borloo a des troupes, un leadership, quelques parlementaires, il rassemble au centre, cela aurait pu mordre, mais il n’a pas eu envie de mettre le turbo. » Lors du campus UMP le 7 septembre dernier à Royan, le numéro 2 du gouvernement a assuré le service minimum. Evitant la place qui lui était réservée au milieu de la rangée, il s’est assis dans un coin, loin des caméras. Dans son entourage, on confie que son « timing » en politique n’est pas encore venu. Sous-entendu : 2012, c’est encore loin. Le ministre « durable » veut prendre son temps.
source : paris-match

1% Logement : patronat et syndicats refusent le prélèvement de l’Etat


Alors que la loi de finances envisage de ponctionner le 1% logement pour grossir le budget de l’Etat à hauteur d’un milliard d’euros en 2009, les syndicats et le Medef ont annoncé communément qu’ils se positionnaient contre ce projet.

Le patronat et les organisations syndicales ont indiqué, dans un communiqué commun, qu'ils «s'opposeront à toute tentative visant à ponctionner les fonds du 1% logement pour compenser un désengagement de l'Etat».

Cette annonce fait suite au projet de loi de finances qui devrait ponctionner le 1% Logement pour dégager une contribution de 1,05 milliard d'euros au budget de l'Etat 2009. Une enveloppe qui doit servir à mettre en place la politique du ministère du Logement. Pour les partenaires sociaux, cette décision pourrait compromettre «à court terme la survie d'un dispositif d'intérêt général dont bénéficient notamment les salariés». Afin de montrer leur désaccord, patronat et syndicats ont signé le premier «Protocole national Interprofessionnel» (PNI) spécifique au 1% logement. «Les partenaires sociaux s'engagent en particulier à contribuer à la production de 30.000 logements, économiquement accessibles, supplémentaires par an selon les priorités définies par le protocole dont ils sont prêts à discuter avec l'Etat», indique le communiqué. Il est prévu que Christine présente son projet de loi sur le logement au Sénat à partir du 14 octobre. Grâce au fond dégagé par le 1% logement, le projet prévoit d’attribuer 320 millions à l'Agence nationale de rénovation urbaine(ANRU), 480 millions à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) et 250 millions à la rénovation des quartiers anciens dégradés.

13 sept. 2008

Picardie. Le maire d’Amiens stoppe les destructions de logements sociaux anciens

Gilles Demailly, le maire (PS) d’Amiens a annoncé le 9 septembre 2008, une réorientation de la politique menée par son prédécesseur, le centriste Gilles de Robien, en matière d’urbanisme et de logement. Première grande décision : l’arrêt des démolitions systématiques des logements sociaux. Programmés dans le cadre de la convention Anru signée en 2005 (243 millions d’euros inscrits), ces destructions concernaient plusieurs centaines de logements répartis dans trois quartiers sensibles de la ville. Après étude de faisabilité et concertation avec les habitants, une grande partie de ces habitations seront donc rénovées «en profondeur» afin, notamment, de diminuer la pression sur le parc social :
«La ville d’Amiens est actuellement en difficulté vis-à-vis des services de l’Etat en raison d’un déficit de constructions par rapport au nombre de destructions réalisées», explique Gilles Demailly.
Le nouveau maire d’Amiens a également réaffirmé son ambition de créer 10.000 logements supplémentaires et de doubler le rythme des constructions de logements étudiants d’ici 2015. Pour ce faire, l’équipe municipale entend notamment contraindre les promoteurs à inclure 20% de logements sociaux dans les futurs programmes de construction et modifier l’actuel PLU.
Enfin, Gilles Demailly promet de mettre l’accent sur la dimension environnementale des projets urbains, en favorisant la construction «d’éco quartiers» ou de bâtiments à haute performance énergétique.

12 sept. 2008

Paris Concertation pour le réaménagement du quartier Saint Blaise (20è arrdt)

A. SUIVRE ……………..


Une réunion publique de concertation se tiendra ce soir, jeudi 11 septembre sur le réaménagement du quartier Saint Blaise, dans le 20ème arrondissement de Paris.

Ce quartier, constitué d’ensembles HLM et qui verra notamment arriver le tramway à ses portes à l’horizon 2012, est actuellement l’objet d’un Grand Projet de Renouvellement Urbain (GPRU). Quatre priorités: « Désenclaver le quartier et améliorer le cadre de vie des habitants », « développer l’économie du quartier », créer ou réaménager des équipements de proximité », « favoriser le développement de la vie locale ». Une campagne de communication est parallèlement mise en œuvre pour informer les habitants et les consulter.

La réunion de ce soir sera présidée par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris chargée de l’urbanisme et de l’architecture, Gisèle Stievenard, Adjointe au Maire de Paris chargée de la politique de la ville et de l’engagement solidaire, et Frédérique Calandra, Maire du 20eme arrondissement. Une prochaine réunion est prévue mercredi 15 octobre.

A partir du 12 septembre seront organisées une exposition et des permanences dans les locaux de l'Equipe de développement Locale de l’arrondissement.


La réunion d’aujourd’hui débutera à 18h30, à l’école élémentaire, 18 rue du Clos.

Menacé d'expulsion, il s'ouvre la gorge à l'arrivée de la police

Le père de famille devait 30.000 euros de loyers à l'office HLM de Drancy. Menacé d'expulsion depuis quatre ans, cet habitant de la cité Gaston Roulaud âgé d'une quarantaine d'années s'est ouvert la gorge jeudi matin dans son appartement à Drancy (Seine-Saint-Denis) lorsqu'un huissier et des policiers sont entrés pour le déloger par la force.


Il a pu être sauvé par un policier qui lui a pratiqué des points de compression en attendant l'arrivée du Samu». Sa vie n'est plus en danger.

L'expulsion s'est déroulée à 06H30. Après que les policiers ont défoncé sa porte, de Drancy «a cassé un carreau et s'est tranché la gorge».

Sa femme et les deux enfants du couple se trouvaient dans une autre pièce et n'ont pas assisté à la tentative de suicide.

L'homme ayant menacé plusieurs fois devant la police de se suicider si on l'expulsait, les agents étaient «près d'une dizaine», dont des policiers de la brigade d'intervention de la préfecture de police de Paris, «spécialistes des interventions rapides».

Il s'agissait, selon la police, de la neuvième tentative d'expulsion de la famille pour laquelle le concours de la force publique avait été demandé depuis 2006. «L'expulsion était pendante depuis quatre ans. Ils avaient obtenu un sursis en 2006», a précisé la source.

L'homme «ne travaillait plus depuis plusieurs années», il «vivait reclus et désocialisé». Sa famille est désormais «hébergée par d'autres membres de la famille».

Régulièrement, la «Chaîne humaine contre les expulsions des logements», coordination regroupant à Bobigny le PCF et des intervenants du secteur social, dénonce «la multiplication des cas d'expulsion à Drancy» et appelle à un «moratoire».

source : Leparisien.fr avec AFP

La Seyne-sur-Mer Urbanisme Le réaménagement des abords extérieurs de l'îlot Floréal est entré dans la phase de concertation avec les habitants.

Présenter une par une les 7 unités résidentielles que comptera, à terme, l'îlot Le Floréal : parkings, logettes, contrôles d'accès et espaces verts, réseaux rénovés : la concertation avec les habitants a débuté mardi soir, au pied du bâtiment C3. Et pour une fois, les élus vont à la rencontre des habitants.

«Franchement, cela fait plus de 6 mois que cette opération a commencé et on n'a toujours rien ». Elheme habite le bâtiment C3 du Floréal, au coeur de Berthe. La concertation au pied de son bâtiment ? L'occasion d'exprimer quelques griefs aux élus.

Parce qu'au-delà des aménagements extérieurs, inscrits dans le calendrier des projets financés par l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU), la préoccupation des habitants porte sur la réfection du bâti : « c'est vrai, on ne vit pas à l'extérieur » résume Elheme.

C'est pourtant bien le réaménagement des extérieurs, la politique de résidentialisation qui a conduit Raphaëlle Leguen, première adjointe au maire, mais aussi Christian Bianchi, adjoint de quartier, à « essuyer les plâtres » mardi soir, à la faveur de la première réunion de concertation sur le terrain, pour les bâtiments E7 C3 et D. À leurs côtés, Joël Canapa, directeur de l'Office public HLM.

Présenter l'essence même du projet « que nous avons pris en route » rappelle Raphaëlle Leguen et auquel « nous avons voulu donner une autre dimension », présentée à l'ensemble des résidents au pied des bâtiments.

« Nous voulons que la population se sente concernée par ce projet. Qu'elle se l'approprie pour créer un quartier qui lui ressemble » ajoute Raphaëlle Leguen. En filigrane ? Personne ne pourra dire : « je n'étais pas au courant »...

« La concertation a débuté il y a longtemps, relève d'ailleurs Christian Bianchi. Les adhérents des associations nous ont fait connaître leurs avis, présentés des recommandations dont nous avons tenu compte ». À l'exemple du jardin gagné sur le parking entre les bâtiments C3 et D. Lucienne Perez, présidente de l'Amicale des locataires du Floréal acquièse : « Pour une fois que l'on va vers les gens...» résume-t-elle.

Réhabilitation du bâti lancée en octobre

Mais pour bon nombre de résidents, le paraître ne doit pas occulter l'être et le... bien-être. « Ma belle-mère, ça fait 40 ans qu'elle vit ici et rien n'a changé » dénonce celle-ci. « On n'a rien vu, on ne nous a rien proposés » lance sa voisine, Mme Tagourti. Joël Canapa, rassure : si le budget de l'ANRU ne concerne que les accès extérieurs et la mise en place de la résidentialisation, « on attaque la réhabilitation du bâti en octobre » avec la phase de diagnostic même si les travaux à proprement parler, « devraient débuter dans une dizaine de mois » ajoute le directeur de l'Office, pour le Floréal et le Messidor.

Le temps pour les élus d'intervenir auprès de qui de droit (Toulon Provence Méditerranée et la Région notamment) pour porter le montant alloué à la réhabilitation de 13 000 à 15 000 euros par logement : « cela nous permettrait d'inclure dans la réfection, la plomberie par exemple, ou encore la pose de double vitrage » conclut Raphaëlle Leguen.

Cette opération, qui sera menée sur la moitié du parc de logements sociaux de la Ville dans le quartier Berthe (près de 1 000 logements) sera également soumise à l'approbation des habitants. La consultation est, en effet, obligatoire... et le projet soumis au vote des locataires compte tenu de la répercussion du coût des travaux sur les loyers.

3 sept. 2008

Istres: expulsée de son HLM, une mère se jette par la fenêtre

Lorsque Morgane S. s’est jetée par la fenêtre de son appartement, les forces de l’ordre étaient en train de monter dans la cage d’escalier de son immeuble. Hier matin à Istres (Bouches-du-Rhône), «à l’heure fixée pour une expulsion locative» (dixit un communiqué de la préfecture), une femme de 33 ans s’est défenestrée du troisième étage avant même que la police ne pénètre dans son logement. «Elle est malheureusement décédée des suites de ses blessures», poursuit le communiqué.

Cette mère de trois enfants âgés de 11 ans, 4 ans et 18 mois habitait ce logement social, situé dans le quartier Rassuen, depuis août 2006. Elle y avait emménagé avec son compagnon salarié dans la métallurgie. Selon la mairie d’Istres, ils avaient obtenu ce HLM par le biais du 1 % logement. Le bail était aux deux noms. Ensuite, le couple s’est défait. La rupture serait intervenue quelques mois après leur arrivée dans les lieux.

En revanche, selon l’Opac Sud, (l’office départemental de HLM, propriétaire de l’appartement), les loyers n’étaient pas «payés depuis le début». Au total, «la dette locative s’élève à près de 12 000 euros», a indiqué hier à Libération Bernard Escalle, directeur général de l’Opac Sud.

En janvier 2007, l’Office s’était tourné vers la justice pour obtenir le départ des occupants. Une fois le jugement d’expulsion en main, le propriétaire du HLM a mis en branle toutes les procédures pour faire évacuer l’appartement : intervention d’un huissier et demande de concours de la force publique auprès de la préfecture. Concours octroyé.

Hier, la police s’est donc présentée dans l’immeuble ou habitait Morgane S. pour procéder à son éviction. Chaque année, plusieurs milliers d’expulsions sont réalisées de la sorte en France.

Après le drame, quasiment d’une même voix, la préfecture, l’Opac Sud et la mairie d’Istres juraient la main sur le cœur que depuis plusieurs mois tout avait été entrepris pour venir en aide à cette femme. Mais «les démarches d’accompagnement social et d’aide aux locataires défaillants n’ont pas pu être mises en œuvre», indique la préfecture.

Pourquoi ? «L’intéressée n’[a] pas répondu aux demandes de rendez-vous». Le maire d’Istres, François Bernardini (divers gauche) précisait à Libération que les services sociaux de la ville étaient parvenus à un moment à «établir un contact» : «On a essayé d’établir un dossier de surendettement. Mais, tout d’un coup, il y a eu une rupture du dialogue.»

La jeune mère de famille aurait coupé les ponts. «Moi, je me sens vachement coupable, parce que je me dis qu’on a loupé le coche. Mais, en même temps, on a fait tout ce qui était possible», poursuit le maire. Même propos grosso modo pour le propriétaire du HLM, qui dit également avoir tout entrepris pour «trouver une solution».

Hébergement. Morgane S. n’est plus là pour leur apporter une éventuelle contradiction. Une chose est sûre : hier, rien n’était prévu pour l’héberger avec ses enfants si l’expulsion n’avait pas eu une issue dramatique. Pas de chambre d’hôtel, pas d’hébergement d’urgence, pas de relogement. Elle aurait été mise sur le trottoir.

TONINO SERAFINI

Le retournement de l'immobilier menace promoteurs et agences

Le retournement de l'immobilier menace promoteurs et agences
L'avenir des promoteurs immobiliers s'assombrit. Après la mise en liquidation, le 21 août, du constructeur alsacien Brun, c'est au tour de Céléos, basé à Saint-Brieuc, de connaître des difficultés puisqu'il a, le 28 août, demandé la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris, le cours de son action ayant chuté de plus de 80 % en un an et de 60 % en trois mois, à 2,86 euros.
L'avenir des promoteurs immobiliers s'assombrit. Après la mise en liquidation, le 21 août, du constructeur alsacien Brun, c'est au tour de Céléos, basé à Saint-Brieuc, de connaître des difficultés puisqu'il a, le 28 août, demandé la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris, le cours de son action ayant chuté de plus de 80 % en un an et de 60 % en trois mois, à 2,86 euros.

Créé en 1996, introduit en Bourse en 2000, Céléos a connu une croissance fulgurante, se classant parmi les vingt premiers de la profession (1 700 logements vendus en 2007 et un effectif de 430 personnes). Les salariés redoutent un plan social prévoyant entre 100 et 200 licenciements. D'autres promoteurs régionaux, comme Piera, propriété du fonds d'investissement LBO France, à Gap sont aussi touchés.

L'effondrement des ventes de logements neufs, que le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire a chiffré au deuxième trimestre à 34 % en un an, entraîne des problèmes de trésorerie, puisqu'un des ressorts du métier est de percevoir des acomptes avant la mise en chantier et le règlement des premières factures. Instruits par la crise des années 1990, les promoteurs craignent de se retrouver à la tête de stocks de logements invendus et bloquent donc, en amont, les ouvertures de chantiers.

"Chaque semaine, nous renonçons à lancer des programmes et nous ne commençons des travaux que si la commercialisation est réalisée à 100 %", explique François Massé, directeur général adjoint du groupe Eiffage. Akerys, quatrième promoteur français, spécialiste de l'investissement locatif, a annulé le lancement de 25 % de ses projets, et l'agence de notation Standard & Poor's vient de dégrader sa note de B + à B en raison de son fort endettement. Kaufman & Broad, endettée après son rachat, en septembre 2007, par un fonds géré par PAI Partners, doit procéder à des réductions d'effectifs et annuler des programmes. Chez Tagerim, autre promoteur spécialiste de l'investissement locatif, une douzaine de spécialistes de la promotion ont dû partir.

"LE SYSTÈME EST BLOQUÉ"

"L'année 2008 devrait s'achever avec, au mieux, 350 000 voire 330 000 logements mis en chantier", pronostique Jean-Claude Szaleniec, directeur général adjoint du promoteur Bowfond-Marignan, contre 416 000 en 2007 et très loin de l'objectif, assigné par le gouvernement, de 500 000 constructions...

"Le système est bloqué", diagnostique Marc Pietri, de Constructa, "et nous nous demandons tous que faire en 2009. Il faut trouver des solutions pour produire des logements neufs à 2 200 euros le mètre carré et pas à 3 500 euros, prix moyen actuel", insiste-t-il. Les seuls bénéficiaires de cette situation sont les bailleurs sociaux qui en profitent pour faire leur marché.

Constructa a vendu un programme à Aix-les-Bains (Savoie) à la Foncière logement, société des organismes du 1 %. Eiffage a cédé six logements à une société anonyme HLM à Reims. Les particuliers peuvent tenter d'obtenir des réductions sur les queues de programmes mais, contrairement à ce qui s'était passé dans les années 1990, les stocks sont faibles. La Fédération des promoteurs constructeurs estime à moins de 4 000 le nombre des biens en souffrance.

Les constructeurs de maisons n'échappent pas aux méventes mais ne s'exposent pas aux mêmes risques, puisqu'ils n'achètent pas le terrain et facturent leurs prestations au fur et à mesure de l'avancement des chantiers. Le recul du marché est de plus de 9 %, avec des régions plus touchées que d'autres, comme la Bretagne (- 17 %), la Côte d'Azur (- 16 %) ou l'Ile-de-France (- 21 %), tandis que le projet de maison à bas coût, à 15 euros par jour, lancé par la ministre du logement, Christine Boutin, n'a pas vraiment démarré faute d'un cadre législatif et fiscal clair.

Dans l'ancien, le ralentissement se fait lourdement sentir. Les notaires d'Ile-de-France notent une chute des ventes de 14 %, entre mai 2007 et mai 2008, voire 20 % à Paris, tandis que les prix n'ont pas encore fléchi. "La baisse d'activité va se traduire par une baisse des prix", pronostique Henry Buzy-Cazaux, délégué général de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).

Les agences immobilières souffrent particulièrement. "En Lorraine, depuis le 1er janvier, 5 % ont déjà fermé leurs portes", déplore Fabrice Genter, président de la Chambre de commerce de Moselle. Avec 12 000 associés, la caisse de garantie de la Fnaim, qui chaque année enregistrait 500 à 600 nouveaux adhérents a, selon son directeur, pour la première fois depuis 2000, autant de fermetures que d'ouvertures d'agences, "les plus fragiles sont les aventuriers de l'immobilier", les agences installées depuis moins de cinq ans et qui ne font que de la transaction.

Les architectes aussi pâtissent de la chute d'activité : "Nous sommes victimes d'un double phénomène, l'arrivée de nouvelles équipes municipales remettant en cause les projets de leurs prédécesseurs et l'angoisse des promoteurs, qui annulent leurs opérations", explique Dominique Ricquier-Sauvage, de l'Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa). Nul doute que les notaires, les diagnostiqueurs immobiliers, les courtiers en prêts ressentiront, eux aussi, les effets de cette crise, dont la sortie pourrait ne pas survenir avant 2011.

source : le monde
Isabelle Rey-Lefebvre

Campements de Matabiau : Pierre Cohen propose un aide personnalisée

La semaine dernière, le député-maire de Toulouse, Pierre Cohen s’était déplacé sur les bords du Canal du Midi face à la gare Matabiau pour signifier aux squatteurs un avis d’expulsion sous huitaine.

Les infrastructures n’ont pas suffisamment évolué face à la pauvreté

Face aux critiques de l’association Droit Au Logement -DAL- le maire socialiste de Toulouse a aujourd’hui tenu à expliquer sa position.

« Je me suis rendu sur les lieux d’abord par souci républicain : on ne doit pas abandonner ces populations dans la misère. Notre second souci relève de la sécurité, de l’hygiène et de la santé de ces personnes. Ce campement les met en danger et ne peut donc pas constituer une solution aussi momentanée soit-elle. » a d’abord précisé Pierre Cohen.

“Nous avons posé un ultimatum car les conditions de vie y sont impossibles. Cette période est consacrée au travail social pour répondre au cas par cas car chacun des « habitants » de ce campement a une problématique bien personnelle.” a expliqué le député maire de Toulouse.

“Le dispositif d’accueil s’appuie sur les services de la Ville (veille sociale dépendant du Centre communal d’actions sociales), en étroite relation avec les associations concernées par ces questions diverses de l’errance. Des solutions sont trouvées grâce aux centres d’hébergement, au restaurant social municipal de l’Ile du Ramier mais aussi au volontariat des associations comme, par exemple, les petits-déjeuners du Secours catholique ou les visites du GAF.”

“Je m’appuie sur leur savoir-faire pour essayer de trouver au plus vite des solutions. Contrairement à ce qui peut être dit, la mairie prend le problème à bras le corps pour trouver des réponses pérennes au problème de l’errance.“A poursuivi le maire.

Nous sommes bien conscients que les moyens aujourd’hui font défaut. Les infrastructures n’ont pas suffisamment évolué face à la pauvreté et l’errance. A travers nos discussions avec nos partenaires - l’Etat et le Département -, nous souhaitons être une force de proposition pour mettre en œuvre une politique sociale plus cohérente. Nous travaillons pour trouver les bonnes décisions à prendre pour résoudre le problème du logement social et du logement d’urgence à moyen et long terme. Aujourd’hui nous ne sommes qu’à la première étape d’un processus pour trouver à ces personnes un accueil et un accompagnement. » A conclu Pierre Cohen.