19 sept. 2008

Jean-Louis Borloo cache bien son jeu

AMBITION A SUIVRE :

Politique. Après sa "révolution verte", le ministre du Développement durable va-t-il revenir sur l’échiquier de la "politique politicienne"? Pour l'instant, il se dévoile le moins possible.
Quand Jean-Louis Borloo se charge d’un dossier, c’est forcément une révolution. Maire de Valenciennes, la ville connaît une explosion du taux de croissance qui « dépasse même celui de la Chine ». Ministre de la Ville, il crée un programme de plus de 40 milliards d’euros pour la rénovation urbaine dans les quartiers. Ministre de l’Emploi, il annonce une baisse du chômage, inédite depuis vingt ans, qui aura lieu. Borloo, c’est le contraire d’Attila, partout où il passe, l’herbe repousse. Logique donc qu’il soit l’artisan de la « révolution verte ». Bientôt il présentera le projet phare – annoncé comme une « mutation économique, industrielle, écologique » – de ce ministère « unique au monde » qui regroupe à la fois l’Energie, les Transports, l’Environnement et l’Aménagement du territoire.
Cerise sur le gâteau : comme le montre notre sondage, cet homme de droite parmi les plus populaires de France sait le rester. Tout comme il a su passer de l’ère Chirac à la présidence Sarkozy. Nommé en 2002, il est le seul – avec MAM – à être encore ministre aujourd’hui. Avec Nicolas Sarkozy, les rapports n’ont pour autant pas toujours été simples. « Ils se regardent de loin, Sarkozy ne lui fait pas confiance », confie un ancien ministre.
Après sa « révolution verte », quelle carte Borloo va-t-il jouer ? Bien qu’il prétende que cela ne l’intéresse pas, il pourrait revenir sur l’échiquier de la « politique politicienne », céder à la tentation du centre. Alors que le centre droit se cherche une identité, un chef, n’est-il pas celui qui aujourd’hui l’incarne le mieux ? En témoigne le succès des universités d’été du Parti radical valoisien à Montélimar. Parmi les participants, l’UMP Yves Jégo estime que « le parti radical et Jean-Louis Borloo sont un pivot de la branche sociale-démocrate ». « Or la gauche de la droite, c’est là où devraient se jouer les élections de 2012 », analyse le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer. Comme par hasard, c’est là que les projets de formations patinent le plus. Alors que François Bayrou tente de se rapprocher du PS, les Progressistes d’Eric Besson auraient abandonné toute ambition politique. Quant à Hervé Morin, il peine à donner au Nouveau Centre l’image d’un vrai parti avec des militants.
Quid du Parti radical ? Son ambitieux secrétaire général, le député de Meurthe-et-Moselle Laurent Hénart, admet qu’il existe « un vrai espace politique au centre, large et balkanisé ». « Aujourd’hui il faut clarifier les choses, nous verrons ensuite, à l’approche des échéances, comment la majorité présidentielle voudra s’organiser », avance-t-il, prudent. Le programme du Parti radical sera refaçonné par des conventions thématiques – comme celles qu’organisait Emmanuelle Mignon pour l’UMP –, puis rédigé sous forme d’un « manifeste radical » en 2010. Une prochaine réunion des cadres aura lieu en janvier à... Valenciennes.
Jean-Louis Borloo refuse tout commentaire qui dépasse le cadre de ses fonctions ministérielles... «Il a un boulevard devant lui, confie un dirigeant de l’UMP, mais il ne veut pas le prendre, sinon il aurait accepté de discuter avec les radicaux de gauche quand ils ont voté la réforme constitutionnelle. » « Borloo a des troupes, un leadership, quelques parlementaires, il rassemble au centre, cela aurait pu mordre, mais il n’a pas eu envie de mettre le turbo. » Lors du campus UMP le 7 septembre dernier à Royan, le numéro 2 du gouvernement a assuré le service minimum. Evitant la place qui lui était réservée au milieu de la rangée, il s’est assis dans un coin, loin des caméras. Dans son entourage, on confie que son « timing » en politique n’est pas encore venu. Sous-entendu : 2012, c’est encore loin. Le ministre « durable » veut prendre son temps.
source : paris-match

1% Logement : patronat et syndicats refusent le prélèvement de l’Etat


Alors que la loi de finances envisage de ponctionner le 1% logement pour grossir le budget de l’Etat à hauteur d’un milliard d’euros en 2009, les syndicats et le Medef ont annoncé communément qu’ils se positionnaient contre ce projet.

Le patronat et les organisations syndicales ont indiqué, dans un communiqué commun, qu'ils «s'opposeront à toute tentative visant à ponctionner les fonds du 1% logement pour compenser un désengagement de l'Etat».

Cette annonce fait suite au projet de loi de finances qui devrait ponctionner le 1% Logement pour dégager une contribution de 1,05 milliard d'euros au budget de l'Etat 2009. Une enveloppe qui doit servir à mettre en place la politique du ministère du Logement. Pour les partenaires sociaux, cette décision pourrait compromettre «à court terme la survie d'un dispositif d'intérêt général dont bénéficient notamment les salariés». Afin de montrer leur désaccord, patronat et syndicats ont signé le premier «Protocole national Interprofessionnel» (PNI) spécifique au 1% logement. «Les partenaires sociaux s'engagent en particulier à contribuer à la production de 30.000 logements, économiquement accessibles, supplémentaires par an selon les priorités définies par le protocole dont ils sont prêts à discuter avec l'Etat», indique le communiqué. Il est prévu que Christine présente son projet de loi sur le logement au Sénat à partir du 14 octobre. Grâce au fond dégagé par le 1% logement, le projet prévoit d’attribuer 320 millions à l'Agence nationale de rénovation urbaine(ANRU), 480 millions à l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) et 250 millions à la rénovation des quartiers anciens dégradés.

13 sept. 2008

Picardie. Le maire d’Amiens stoppe les destructions de logements sociaux anciens

Gilles Demailly, le maire (PS) d’Amiens a annoncé le 9 septembre 2008, une réorientation de la politique menée par son prédécesseur, le centriste Gilles de Robien, en matière d’urbanisme et de logement. Première grande décision : l’arrêt des démolitions systématiques des logements sociaux. Programmés dans le cadre de la convention Anru signée en 2005 (243 millions d’euros inscrits), ces destructions concernaient plusieurs centaines de logements répartis dans trois quartiers sensibles de la ville. Après étude de faisabilité et concertation avec les habitants, une grande partie de ces habitations seront donc rénovées «en profondeur» afin, notamment, de diminuer la pression sur le parc social :
«La ville d’Amiens est actuellement en difficulté vis-à-vis des services de l’Etat en raison d’un déficit de constructions par rapport au nombre de destructions réalisées», explique Gilles Demailly.
Le nouveau maire d’Amiens a également réaffirmé son ambition de créer 10.000 logements supplémentaires et de doubler le rythme des constructions de logements étudiants d’ici 2015. Pour ce faire, l’équipe municipale entend notamment contraindre les promoteurs à inclure 20% de logements sociaux dans les futurs programmes de construction et modifier l’actuel PLU.
Enfin, Gilles Demailly promet de mettre l’accent sur la dimension environnementale des projets urbains, en favorisant la construction «d’éco quartiers» ou de bâtiments à haute performance énergétique.

12 sept. 2008

Paris Concertation pour le réaménagement du quartier Saint Blaise (20è arrdt)

A. SUIVRE ……………..


Une réunion publique de concertation se tiendra ce soir, jeudi 11 septembre sur le réaménagement du quartier Saint Blaise, dans le 20ème arrondissement de Paris.

Ce quartier, constitué d’ensembles HLM et qui verra notamment arriver le tramway à ses portes à l’horizon 2012, est actuellement l’objet d’un Grand Projet de Renouvellement Urbain (GPRU). Quatre priorités: « Désenclaver le quartier et améliorer le cadre de vie des habitants », « développer l’économie du quartier », créer ou réaménager des équipements de proximité », « favoriser le développement de la vie locale ». Une campagne de communication est parallèlement mise en œuvre pour informer les habitants et les consulter.

La réunion de ce soir sera présidée par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris chargée de l’urbanisme et de l’architecture, Gisèle Stievenard, Adjointe au Maire de Paris chargée de la politique de la ville et de l’engagement solidaire, et Frédérique Calandra, Maire du 20eme arrondissement. Une prochaine réunion est prévue mercredi 15 octobre.

A partir du 12 septembre seront organisées une exposition et des permanences dans les locaux de l'Equipe de développement Locale de l’arrondissement.


La réunion d’aujourd’hui débutera à 18h30, à l’école élémentaire, 18 rue du Clos.

Menacé d'expulsion, il s'ouvre la gorge à l'arrivée de la police

Le père de famille devait 30.000 euros de loyers à l'office HLM de Drancy. Menacé d'expulsion depuis quatre ans, cet habitant de la cité Gaston Roulaud âgé d'une quarantaine d'années s'est ouvert la gorge jeudi matin dans son appartement à Drancy (Seine-Saint-Denis) lorsqu'un huissier et des policiers sont entrés pour le déloger par la force.


Il a pu être sauvé par un policier qui lui a pratiqué des points de compression en attendant l'arrivée du Samu». Sa vie n'est plus en danger.

L'expulsion s'est déroulée à 06H30. Après que les policiers ont défoncé sa porte, de Drancy «a cassé un carreau et s'est tranché la gorge».

Sa femme et les deux enfants du couple se trouvaient dans une autre pièce et n'ont pas assisté à la tentative de suicide.

L'homme ayant menacé plusieurs fois devant la police de se suicider si on l'expulsait, les agents étaient «près d'une dizaine», dont des policiers de la brigade d'intervention de la préfecture de police de Paris, «spécialistes des interventions rapides».

Il s'agissait, selon la police, de la neuvième tentative d'expulsion de la famille pour laquelle le concours de la force publique avait été demandé depuis 2006. «L'expulsion était pendante depuis quatre ans. Ils avaient obtenu un sursis en 2006», a précisé la source.

L'homme «ne travaillait plus depuis plusieurs années», il «vivait reclus et désocialisé». Sa famille est désormais «hébergée par d'autres membres de la famille».

Régulièrement, la «Chaîne humaine contre les expulsions des logements», coordination regroupant à Bobigny le PCF et des intervenants du secteur social, dénonce «la multiplication des cas d'expulsion à Drancy» et appelle à un «moratoire».

source : Leparisien.fr avec AFP

3 sept. 2008

Istres: expulsée de son HLM, une mère se jette par la fenêtre

Lorsque Morgane S. s’est jetée par la fenêtre de son appartement, les forces de l’ordre étaient en train de monter dans la cage d’escalier de son immeuble. Hier matin à Istres (Bouches-du-Rhône), «à l’heure fixée pour une expulsion locative» (dixit un communiqué de la préfecture), une femme de 33 ans s’est défenestrée du troisième étage avant même que la police ne pénètre dans son logement. «Elle est malheureusement décédée des suites de ses blessures», poursuit le communiqué.

Cette mère de trois enfants âgés de 11 ans, 4 ans et 18 mois habitait ce logement social, situé dans le quartier Rassuen, depuis août 2006. Elle y avait emménagé avec son compagnon salarié dans la métallurgie. Selon la mairie d’Istres, ils avaient obtenu ce HLM par le biais du 1 % logement. Le bail était aux deux noms. Ensuite, le couple s’est défait. La rupture serait intervenue quelques mois après leur arrivée dans les lieux.

En revanche, selon l’Opac Sud, (l’office départemental de HLM, propriétaire de l’appartement), les loyers n’étaient pas «payés depuis le début». Au total, «la dette locative s’élève à près de 12 000 euros», a indiqué hier à Libération Bernard Escalle, directeur général de l’Opac Sud.

En janvier 2007, l’Office s’était tourné vers la justice pour obtenir le départ des occupants. Une fois le jugement d’expulsion en main, le propriétaire du HLM a mis en branle toutes les procédures pour faire évacuer l’appartement : intervention d’un huissier et demande de concours de la force publique auprès de la préfecture. Concours octroyé.

Hier, la police s’est donc présentée dans l’immeuble ou habitait Morgane S. pour procéder à son éviction. Chaque année, plusieurs milliers d’expulsions sont réalisées de la sorte en France.

Après le drame, quasiment d’une même voix, la préfecture, l’Opac Sud et la mairie d’Istres juraient la main sur le cœur que depuis plusieurs mois tout avait été entrepris pour venir en aide à cette femme. Mais «les démarches d’accompagnement social et d’aide aux locataires défaillants n’ont pas pu être mises en œuvre», indique la préfecture.

Pourquoi ? «L’intéressée n’[a] pas répondu aux demandes de rendez-vous». Le maire d’Istres, François Bernardini (divers gauche) précisait à Libération que les services sociaux de la ville étaient parvenus à un moment à «établir un contact» : «On a essayé d’établir un dossier de surendettement. Mais, tout d’un coup, il y a eu une rupture du dialogue.»

La jeune mère de famille aurait coupé les ponts. «Moi, je me sens vachement coupable, parce que je me dis qu’on a loupé le coche. Mais, en même temps, on a fait tout ce qui était possible», poursuit le maire. Même propos grosso modo pour le propriétaire du HLM, qui dit également avoir tout entrepris pour «trouver une solution».

Hébergement. Morgane S. n’est plus là pour leur apporter une éventuelle contradiction. Une chose est sûre : hier, rien n’était prévu pour l’héberger avec ses enfants si l’expulsion n’avait pas eu une issue dramatique. Pas de chambre d’hôtel, pas d’hébergement d’urgence, pas de relogement. Elle aurait été mise sur le trottoir.

TONINO SERAFINI

Le retournement de l'immobilier menace promoteurs et agences

Le retournement de l'immobilier menace promoteurs et agences
L'avenir des promoteurs immobiliers s'assombrit. Après la mise en liquidation, le 21 août, du constructeur alsacien Brun, c'est au tour de Céléos, basé à Saint-Brieuc, de connaître des difficultés puisqu'il a, le 28 août, demandé la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris, le cours de son action ayant chuté de plus de 80 % en un an et de 60 % en trois mois, à 2,86 euros.
L'avenir des promoteurs immobiliers s'assombrit. Après la mise en liquidation, le 21 août, du constructeur alsacien Brun, c'est au tour de Céléos, basé à Saint-Brieuc, de connaître des difficultés puisqu'il a, le 28 août, demandé la suspension de sa cotation à la Bourse de Paris, le cours de son action ayant chuté de plus de 80 % en un an et de 60 % en trois mois, à 2,86 euros.

Créé en 1996, introduit en Bourse en 2000, Céléos a connu une croissance fulgurante, se classant parmi les vingt premiers de la profession (1 700 logements vendus en 2007 et un effectif de 430 personnes). Les salariés redoutent un plan social prévoyant entre 100 et 200 licenciements. D'autres promoteurs régionaux, comme Piera, propriété du fonds d'investissement LBO France, à Gap sont aussi touchés.

L'effondrement des ventes de logements neufs, que le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire a chiffré au deuxième trimestre à 34 % en un an, entraîne des problèmes de trésorerie, puisqu'un des ressorts du métier est de percevoir des acomptes avant la mise en chantier et le règlement des premières factures. Instruits par la crise des années 1990, les promoteurs craignent de se retrouver à la tête de stocks de logements invendus et bloquent donc, en amont, les ouvertures de chantiers.

"Chaque semaine, nous renonçons à lancer des programmes et nous ne commençons des travaux que si la commercialisation est réalisée à 100 %", explique François Massé, directeur général adjoint du groupe Eiffage. Akerys, quatrième promoteur français, spécialiste de l'investissement locatif, a annulé le lancement de 25 % de ses projets, et l'agence de notation Standard & Poor's vient de dégrader sa note de B + à B en raison de son fort endettement. Kaufman & Broad, endettée après son rachat, en septembre 2007, par un fonds géré par PAI Partners, doit procéder à des réductions d'effectifs et annuler des programmes. Chez Tagerim, autre promoteur spécialiste de l'investissement locatif, une douzaine de spécialistes de la promotion ont dû partir.

"LE SYSTÈME EST BLOQUÉ"

"L'année 2008 devrait s'achever avec, au mieux, 350 000 voire 330 000 logements mis en chantier", pronostique Jean-Claude Szaleniec, directeur général adjoint du promoteur Bowfond-Marignan, contre 416 000 en 2007 et très loin de l'objectif, assigné par le gouvernement, de 500 000 constructions...

"Le système est bloqué", diagnostique Marc Pietri, de Constructa, "et nous nous demandons tous que faire en 2009. Il faut trouver des solutions pour produire des logements neufs à 2 200 euros le mètre carré et pas à 3 500 euros, prix moyen actuel", insiste-t-il. Les seuls bénéficiaires de cette situation sont les bailleurs sociaux qui en profitent pour faire leur marché.

Constructa a vendu un programme à Aix-les-Bains (Savoie) à la Foncière logement, société des organismes du 1 %. Eiffage a cédé six logements à une société anonyme HLM à Reims. Les particuliers peuvent tenter d'obtenir des réductions sur les queues de programmes mais, contrairement à ce qui s'était passé dans les années 1990, les stocks sont faibles. La Fédération des promoteurs constructeurs estime à moins de 4 000 le nombre des biens en souffrance.

Les constructeurs de maisons n'échappent pas aux méventes mais ne s'exposent pas aux mêmes risques, puisqu'ils n'achètent pas le terrain et facturent leurs prestations au fur et à mesure de l'avancement des chantiers. Le recul du marché est de plus de 9 %, avec des régions plus touchées que d'autres, comme la Bretagne (- 17 %), la Côte d'Azur (- 16 %) ou l'Ile-de-France (- 21 %), tandis que le projet de maison à bas coût, à 15 euros par jour, lancé par la ministre du logement, Christine Boutin, n'a pas vraiment démarré faute d'un cadre législatif et fiscal clair.

Dans l'ancien, le ralentissement se fait lourdement sentir. Les notaires d'Ile-de-France notent une chute des ventes de 14 %, entre mai 2007 et mai 2008, voire 20 % à Paris, tandis que les prix n'ont pas encore fléchi. "La baisse d'activité va se traduire par une baisse des prix", pronostique Henry Buzy-Cazaux, délégué général de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).

Les agences immobilières souffrent particulièrement. "En Lorraine, depuis le 1er janvier, 5 % ont déjà fermé leurs portes", déplore Fabrice Genter, président de la Chambre de commerce de Moselle. Avec 12 000 associés, la caisse de garantie de la Fnaim, qui chaque année enregistrait 500 à 600 nouveaux adhérents a, selon son directeur, pour la première fois depuis 2000, autant de fermetures que d'ouvertures d'agences, "les plus fragiles sont les aventuriers de l'immobilier", les agences installées depuis moins de cinq ans et qui ne font que de la transaction.

Les architectes aussi pâtissent de la chute d'activité : "Nous sommes victimes d'un double phénomène, l'arrivée de nouvelles équipes municipales remettant en cause les projets de leurs prédécesseurs et l'angoisse des promoteurs, qui annulent leurs opérations", explique Dominique Ricquier-Sauvage, de l'Union nationale des syndicats français d'architectes (Unsfa). Nul doute que les notaires, les diagnostiqueurs immobiliers, les courtiers en prêts ressentiront, eux aussi, les effets de cette crise, dont la sortie pourrait ne pas survenir avant 2011.

source : le monde
Isabelle Rey-Lefebvre

Campements de Matabiau : Pierre Cohen propose un aide personnalisée

La semaine dernière, le député-maire de Toulouse, Pierre Cohen s’était déplacé sur les bords du Canal du Midi face à la gare Matabiau pour signifier aux squatteurs un avis d’expulsion sous huitaine.

Les infrastructures n’ont pas suffisamment évolué face à la pauvreté

Face aux critiques de l’association Droit Au Logement -DAL- le maire socialiste de Toulouse a aujourd’hui tenu à expliquer sa position.

« Je me suis rendu sur les lieux d’abord par souci républicain : on ne doit pas abandonner ces populations dans la misère. Notre second souci relève de la sécurité, de l’hygiène et de la santé de ces personnes. Ce campement les met en danger et ne peut donc pas constituer une solution aussi momentanée soit-elle. » a d’abord précisé Pierre Cohen.

“Nous avons posé un ultimatum car les conditions de vie y sont impossibles. Cette période est consacrée au travail social pour répondre au cas par cas car chacun des « habitants » de ce campement a une problématique bien personnelle.” a expliqué le député maire de Toulouse.

“Le dispositif d’accueil s’appuie sur les services de la Ville (veille sociale dépendant du Centre communal d’actions sociales), en étroite relation avec les associations concernées par ces questions diverses de l’errance. Des solutions sont trouvées grâce aux centres d’hébergement, au restaurant social municipal de l’Ile du Ramier mais aussi au volontariat des associations comme, par exemple, les petits-déjeuners du Secours catholique ou les visites du GAF.”

“Je m’appuie sur leur savoir-faire pour essayer de trouver au plus vite des solutions. Contrairement à ce qui peut être dit, la mairie prend le problème à bras le corps pour trouver des réponses pérennes au problème de l’errance.“A poursuivi le maire.

Nous sommes bien conscients que les moyens aujourd’hui font défaut. Les infrastructures n’ont pas suffisamment évolué face à la pauvreté et l’errance. A travers nos discussions avec nos partenaires - l’Etat et le Département -, nous souhaitons être une force de proposition pour mettre en œuvre une politique sociale plus cohérente. Nous travaillons pour trouver les bonnes décisions à prendre pour résoudre le problème du logement social et du logement d’urgence à moyen et long terme. Aujourd’hui nous ne sommes qu’à la première étape d’un processus pour trouver à ces personnes un accueil et un accompagnement. » A conclu Pierre Cohen.

1 sept. 2008

Sa Maison Radieuse, il en fait toute une histoire

Marcel Janvier, 60 ans, est l'un des tout premiers habitants de la Maison Radieuse, à Rezé, dans la banlieue de Nantes. Arrivé à 8 ans, il y a presque toujours vécu. De son attachement à cette cité HLM dessinée par l'architecte Le Corbusier, il a fait un roman.
Elle continue de faire causer, cette géante de béton en costume de clown. Avec ses 52 mètres de haut, ses dix-sept étages montés sur pilotis, la Maison Radieuse dessinée par Le Corbusier s'invite, depuis 1955, comme un îlot de démesure dans la grisaille des bords de Loire. Ici, la bigarrure est partout, depuis la porte des appartements jusqu'aux boîtes aux lettres peintes en jaune, rouge, vert. On aime ou on déteste. Marcel Janvier, lui, serait plutôt du genre amoureux transi. Alors, il a voulu le dire. L'écrire, même, dans Le village en hauteur, le premier roman autour du Corbusier.

D'abord un brin intimidé par le cérémonial de l'écriture, le magasinier à la retraite depuis janvier s'est rapidement pris au patient tissage des phrases. « Chaque jour, j'avais besoin de pianoter sur mon clavier. » Pendant quatre mois, l'oeil rivé à l'écran, il a noirci des pages. « Je commençais à écrire en fin d'après midi, parfois jusqu'à 2 h ou 3 h du matin. Et je ne savais jamais le soir ce que j'allais écrire le lendemain. »

Le village en hauteur témoigne de son émerveillement lorsque, à 8 ans, avec ses parents, il débarque dans ce qu'on appelle alors « la maison du fada », un clin d'oeil à la première Maison Radieuse que Le Corbusier vient de construire à Marseille. « Nous vivions dans une HLM avec douche, chauffage par le sol, des WC privatifs. C'était révolutionnaire. »

Face à la pénurie de logements après-guerre, l'architecte a conçu l'immeuble comme un village vertical, une alternative à l'étalement urbain. La Maison Radieuse, c'était une ville dans la ville avec son école sur le toit, son bureau de poste, son kiosque à journaux. D'ailleurs, ici, on ne dit pas : « J'habite au 4e étage », mais « J'habite la quatrième rue. » C'était aussi une utopie sociale, accessible aux revenus les plus modestes. « La population était très mélangée. Il y avait des patrons et des ouvriers qui habitaient sur le même pallier et se retrouvaient le soir pour parler politique. »

Qu'en reste-il aujourd'hui ? La poste et le kiosque à journaux ont fermé leurs portes. L'école a dû accepter des enfants des quartiers avoisinants pour se maintenir. Les loyers restent attractifs (environ 460 € pour un T4), mais le profil des résidants a changé : « On voit arriver des couples de jeunes gens branchés, plutôt à l'aise financièrement, qui prennent des T4 et abattent les cloisons pour en faire des lofts. ça ne me dérange pas. »

La convivialité reste une tradition portée par une dynamique association de résidants qui propose des activités de couture, de poterie ou d'informatique. En juin, un barbecue géant accueille les petits nouveaux. On se dit toujours bonjour quand on se croise et si vous n'entamez pas la conversation dans l'ascenseur, on voit tout de suite que vous n'êtes pas d'ici.

Comme ses parents avant lui, Marcel a presque toujours vécu dans la Maison Radieuse, seul ou en famille. Jusqu'à cette année, ses deux petites filles allaient à « l'école sur le toit ». Il a bien goûté l'air de Paris, dans les années 70, mais il l'a trouvé un peu fade, sans âme. « Il n'y a qu'ici que je me sente bien. Je peux même rester des jours entiers sans sortir », avoue-t-il.

Dans son roman teinté de mélancolie, l'apprenti écrivain n'a pas cherché à faire du style. Juste à exprimer la magie de ce lieu qui tient beaucoup aux souvenirs qu'on se forge en commun. Pêle-mêle, il évoque le « mur aux flirts », théâtre touchant des premiers émois amoureux. Les joutes politiques des jours de grève aux chantiers de l'Atlantique. La jolie douceur des soirées d'été où l'on se retrouve autour d'un verre, dans les petits jardins du Corbusier, « ces salons en plein air où l'on cause de tout, de rien, et même d'autre chose ». Devenu poète officiel de la cité, Marcel y pousse la chansonnette, parfois jusqu'à l'aube.

La semaine dernière, il a signé un contrat avec un éditeur et compte bien donner une suite à son aventure littéraire. « J'ai déjà trouvé le titre : ça s'appellera Le chanteur désenchanté. » La cité y sourira de nouveau

source : france ouest
Hervé NAUDOT.

Béthune : pour la nouvelle majorité, l'ANRU gagne à être connu

Dans la boîte à malices laissée par Jacques Mellick, Stéphane Saint-André avait surtout tiré des attrapes : halle, parking, piscine... Mais il y avait aussi un paquet qui, une fois déballé, a ravi le maire : la rénovation urbaine du Mont-Liébaut, qui est entrée dans une phase clé.

Les gosses des autres, au vrai, on les déteste. Bruyants, collants, laids. Ou mellickiens. Durant la campagne, Stéphane Saint-André dégoisait sur cet enfant légitime de Jacques Mellick, la rénovation urbaine. Son acte de naissance remontait au 10 décembre, avec la signature de la convention ANRU (Agence nationale de rénovation urbaine). Le candidat faisait alors les gros yeux devant ce morveux « mal préparé », nourri de « miettes » de financement. Aujourd'hui que le poupon a atterri dans ses bras, le maire s'attendrit. Il fait gouzi-gouzi au bébé de 73 millions d'euros, semi-batard devenu divin enfant. Dans les locaux ANRU du Mont-Liébaut, Stéphane Saint-André se rencogne sur son siège et s'abandonne à l'émerveillement. « C'est un beau projet ».
Il vaut mieux. On n'arrête pas un train lancé, surtout quand il a démarré au starter. Il s'agirait de ne pas effrayer le tour de table. Les grandes manoeuvres ont débuté (lire ci-dessous). Les enrobés sèchent sur l'avenue du Mont-Liébaut, dont le dessin préfigure la voirie future : deux axes enroulés de part et d'autre du square en germe sous le bitume de la chaussée. « Tout l'enjeu est de mieux identifier les espaces , détaille le chef de projet Julien Bourdon. Aujourd'hui, on ne distingue pas clairement les frontières entre espace piétons, vélos, voitures... » Le nouveau plan de circulation doit dissuader les automobilistes de faire du quartier un itinéraire bis, palliatif aux embouteillages de la Rotonde. Ce chantier de longue haleine forme la colonne vertébrale du projet ANRU, gros de 102 opérations d'ici 2012. Dont la majorité au Mont-Liébaut.

Là-bas, Saint-André marche sur des oeufs. La campagne électorale, dont le rush final s'est traduit par une avalanche de tracts socialistes, multicolores et apocalyptiques, a laissé des stigmates. Le nouveau maire s'attache à arracher fissa l'étiquette de démolisseur collée par d'aucuns. Le soir de son élection, il réclamait incontinent un rendez-vous au préfet pour causer ANRU. « Je l'ai rassuré, rapporte aujourd'hui Stéphane Saint-André.
Il n'est pas dans nos intentions de toucher au projet. » Honnête, il se livre même à un « mea culpa » sur certaines critiques passées. Tout en laissant une porte ouverte : « Si l'ANRU introduit des avenants à la convention, on en profitera pour apporter nos modifications. » Dans son viseur, « ces logements qui n'ont pas été concernés, telle la résidence Courbet, boulevard Churchill, « le bâtiment le plus dégradé de Béthune ».
Au vu des délais de la rénovation, pas sûr que les locataires de cette masure en fassent grief. L'ANRU met à bas 250 logements au Mont-Liébaut et en érige autant, ventilés dans la ville. Quand les appartements du Bois-Dérodé, première construction, auront des boîtes aux lettres, en 2009, il y aura près de quatre ans que la barre de la rue de Schwerte, première destruction, sera tombée. •

Source : SÉBASTIEN BERGÈS

Et le rail ?

Après la trame verte, le tram ouvert ? Le retour du rail entre Béthune et Bruay, avec traversée du Mont-Liébaut, a fait le bonheur de Mellick dans les derniers mois du mandat. Un projet dont l'ancien maire ne craignait pas d'annoncer l'avènement dans les cinq ans. Probablement un jetlag dû aux échéances municipales. « Quand on voit depuis combien de temps traîne le dossier de la gare, soupire un Saint-André tout aussi acquis au tram, il faut être sérieux, ça ne se fera pas avant 10 ans au moins. » Cinq ans après l'ANRU, faudra-t-il cassera-t-on des rues neuves au nom du cheval de fer ?

45 ans d'urbanisme nous contemplent

La ZUP de la Grande résidence n'en est pas à son premier lifting. Grandie au début des années 60 sur les champs au sud de la voie ferrée, la cité courbe l'échine, dans les années 70, sous le vent mauvais de la crise. Au chômage et à la dégradation de l'habitat s'ajoute l'enclavement d'un quartier dont l'avenue du Mont-Liébaut constitua, jusqu'à la percée orientale du pont Mendès-France, le seul accès. On est alors de la « ZUP », d'abord et avant tout. Quand on cingle vers le centre-ville, on « va à Béthune ». Le réflexe aura la vie dure. A son accession à la mairie, en 77, Jacques Mellick sonne le clairon de la reconquête. Le développement social des quartiers (DSQ), sorte d'ancêtre de l'ANRU, promu par le tandem Mitterrand-Mauroy, se concrétise dans les contrats de plan Etat-Régions 1984-1988. 170 quartiers y émargent pour toute la France. Parmi eux, le Mont-Liébaut. La rénovation s'étalera sur dix ans et refaçonnera profondément la ZUP. Stéphane Saint-André, beau joueur, tire son chapeau : « On n'a pas beaucoup de problèmes avec ce quartier. Il y a plus de délinquance rue de Lille, par exemple. Dans les années 80, ça a été un exemple de rénovation urbaine dans toute la France. » Sur l'ANRU, il nourrit un reproche : « Avoir détruit des tours sans trouver d'abord des solutions de relogement. Ça a favorisé les marchands de sommeil. » Du travail pour la prochaine vague de réhabilitation. Dans 20 ans ?